
Mélissa Didier née en 1994 à Belfort, vit et travaille entre Haut-Saône et Doubs. Diplômée de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts de Besançon en 2017, son travail explore les traces du vivant, les processus de transformation et les liens entre mémoire, matière et disparition.
À travers des gestes de collecte, d’observation et d’assemblage de fragments organiques et trouvés, elle crée des formes hybrides où le temps, le hasard et la décomposition deviennent des partenaires de création. Son univers artistique s’ancre dans une recherche plastique attentive aux formes fragiles, transitoires et aux dynamiques de cohabitation entre les êtres et les matières.
Ancienne résidente aux Ateliers Vauban à Besançon (2022–2024), elle a désormais installé son atelier en Haute-Saône, où elle poursuit son exploration artistique.
contact : melissadidier14@gmail.com // instagram
« À l’heure où les abeilles meurent, où la biodiversité se réduit d’heure en heure, où les lobbys de certains grands groupes agro-alimentaires imposent leurs règles au détriment de l’ensemble de la faune et de la flore, le travail de Mélissa Didier peut nous sembler être une tentative poétique bien dérisoire d’aborder ces problématiques. L’œuvre de Mélissa ne saurait pourtant exister sans l’intervention de ces milliers de collaborateurs inconscients, bactéries, champignons, et insectes qui transforment l’intention de départ de l’artiste en une multitudes de résultats, souvent hasardeux, toujours surprenants. Des lumières dansantes de diapositives vivantes, aux arrangements sculpturaux complexes de « ce qui reste après» (os, carapaces, peaux…), les objets produits qui en résultent sont émouvants dans leur fragilité et leur éphémérité, toujours double. Alors que l’œuvre se dégrade ou se transforme au gré de processus biologiques complexes, le vivant s’anime. Ça nait, ça vit, ça meurt. Et pendant ce temps, sans le savoir, tout ce microcosme nous offre, de concert avec l’artiste, des arrangements variés de formes, d’objets, d’odeurs, qui nous rappellent avec vertige l’immense multitude de ce qui existe autour de nous, et surtout sans nous. »
Thomas Perrin – 2020